Aprés plusieurs mois d'abandon de ce blog, je le réactive avec cette histoire.
Je l'ai écrit pour un appel à texte, mais malheureusement il fut délaissé.
Voici donc pour lui, une nouvelle chance et en espérant que cela vous plaise !
Depuis l’aube le paladin attendait aux pieds des murailles pour accomplir son devoir.
Quand les gardes sur le parapet de la cité interdite l’avaient aperçu dans les premiers rayons du soleil, ils avaient déclenché l’alerte mais cela n’avait pas dérangé pour autant les activités matinales de la citadelle.
Le défenseur de la lumière patienterait plus de deux heures avant de pouvoir combattre le premier monstre envoyé par le seigneur démon.
Aucune porte ne s’était ouverte dans la haute paroi de granit, recouverte à certains endroits de runes ancestrales.
Plusieurs combats plus tard, une petite troupe de soudards apparut sur le chemin pour venir à sa rencontre. Ils ne l’épargnèrent pas en quolibets et sarcasmes de toutes sortes à la différence des autres cohortes venues le défier précédemment. Ils insultaient sa mère, raillaient son armure étincelante, des plaisanteries offensantes fusaient sur la croix sculptée sur son plastron de métal blanc.
Non vraiment, il n’était qu’un contre temps fâcheux dans leur journée de rapines et de viols.
Arrivé à quelques mètres de l’homme en armure, le chef « Ragtorr » se détacha du groupe et le désignant de son doigt noir et rabougris, il l’apostropha dans un cri rauque :
-Décampe devant nous soldat de l’ordre, fuis car nous serrons sans aucune pitié pour toi.
-Ton agonie sera pénible et douloureuse. Nous n’aimons pas les gens de ton espèce. Détale donc, inconscient ou pauvre fou.
A ces mots la tête incliner du paladin, le menton reposant sur la collerette du jaseran, se redressa doucement. Quand elle finit sa course, elle montra le visage aux yeux fermés d’un jeune homme dont les traits n’avaient pas encore été abîmés par le poids des ans et de la guerre.
Ragtorr décidément en pleine euphorie verbale ne put s’empêcher de continuer à le ridiculiser:
-Je vois, ta confrérie n’a donc plus de chevalier autre que de jeunes pourc…
Les yeux du paladin s’ouvrirent soudainement, Ragtorr dont le regard rencontra les yeux gris vert fixés sur lui entra dans un mutisme forcé puis au bout de quelques secondes d’un combat intérieur intense, tira sa rapière de son fourreau et chargea dans un hurlement bestial. Les soldats sous ces ordres l’imitèrent sans aucune hésitation.
La vague de fureur et de bruit vint mourir sur l’écu blanc planté à la droite du paladin. Emporté par leur élan et entassé les uns sur les autres, leurs assauts farouches mais incontrôlés n’atteignirent que le bouclier aux arêtes recourbées.
Ragtorr d’abord coincé par ces propres compagnons contre le pavois put se dégager en mettant les genoux à terre dans la flaque de sang noir formée depuis peu par la mort de ces congénères.
Il avait déjà combattu des hommes de cette confrérie, il connaissait leur point faible.
Dans l’armure existait une petite ouverture entre jambes et plastron laissant la place pour enfoncer une épée fine comme la sienne.
Profitant de la cohue au-dessus de lui, il s’avança entre les cranes émergeant du liquide poisseux pour être au plus prés de sa proie. Il entendait toujours ces guerriers au-dessus de lui essayer de reprendre à leur avantage, un combat fort mal engagé.
Ragtorr à quelques centimètres du but leva la tête, pour ajuster son geste si délicat à exécuter.
Les dernières images dont ses iris fendus s’empreignirent avant de mourir fut l’absence totale d’ouverture dans l’armure devant lui et surtout avant d’en ressentir la douleur tout au long de son corps, la lame noire au milieu de son visage finissant sa remonter vers son cerveau.
L’épée s’échappant de la tête de Ragtorr dans un filet de sang noir, alla couper celles des plus proches assaillants du paladin.
Les autres combattants voyant enfin une brèche s’entrouvrir dans la défense du jeune homme, redoublèrent d’effort pour finir rapidement leur besogne.
Malheureusement pour eux l’arme à la couleur de jais nullement rassasié de leurs sangs, repartit avec plus de plaisir et d’avidité vers leurs cous mal protégés.
Son poing levait vers le haut de la muraille en signe de provocation, la tête en arrière pour crier sa haine contre les hordes du cercle, sa furia plaquée le long de sa jambe d’où un fluide noir et poisseux s’écoulait lentement vers des cadavres décapités à ses pieds, le paladin pouvait enfin savourer sa victoire.
-Pavel. Oh ! Pavel, où es-tu infâme vers de terre, n’essaye pas de te cacher dans les recoins de cette salle, je te trouverais et tu le sais.
-Je suis là mon roi vénéré, toujours à votre service pour vous contenter.
-Je me moque de tes belles paroles Pavel, mes horribles sont en train de me raconter ce qui se passe depuis ce matin à la muraille des escaliers morts. Ils m’expliquent les combats se déroulant depuis les plus matinales heures du jour. Ils me racontent la fin de chacun des soldats de mon clan, la disparition de mes champions avec lesquelles j’ai combattu si souvent sur les routes de la victoire.
-Mon prince, je n’ai fait que suivre vos ordres, vous le savez bien ?
-Tu oses me couper la parole, vermine infâme, alors que j’énumère ma tristesse.
Lorsque j’apprends l’exécution à l’instant de mon favori, ma chose, mon frère, l’essence même de mon âme. Comment cette force funeste à put être vaincue par un humain ?
Sais-tu comment cet homme à tuer mon âme sœur, ce géant de trois mètres sans cœur, cette montagne de muscles et de chairs ?
Il l’a terrassé lorsqu’il franchissait la rune de passage. Ce maudit chien en à profiter pour lancer son épée vampire dans le cou de mon fils pour le piéger dans la muraille externe. Et le pis Pavel le connais-tu ?
-Non-Seigneur, je ne suis pas aussi bien informé que vous.
-Sur de lui ce chevalier est venu avec la pointe de son écu se tailler une porte d’entrée dans la chair de ma chair. Il a réussi à s’infiltrer dans l’enceinte de ma ville simplement en passant au travers de mon mignon. Ma cité interdite dite inviolable, voir imprenable. Voilà qu’un simple être humain cours et remonte les rues avec comme seul arme une hampe de drapeau. Il se déplace si rapidement dans celle ci. Si aisément qu’il donne l’impression de la connaître depuis toujours. Pavel comment à t’on put en arriver-la ?
-Tout a été fait selon vos propres désirs mon maître mais si vous voulez pour vous soutenir dans ces moments funestes, j’ai fait venir de vos geôles votre captive, à ces mots Pavel envoya dans un geste brusque vers le large canapé où se tenait son roi, une grande fille rousse en guenille qui s’étala sur le ventre devant la mine perplexe du maître des lieux.
-Encore elle, je ne pensais plus là voir. Pavel tu n’avais pas des ordres la concernent ?
-Oui, tout a été fait selon vos souhaits, relevait lui la tête et appréciait le travail. Le roi démon d’une main faites de griffes attrapa le jeune menton et le souleva sans ménagement, sur le visage hébété de la prisonnière, la bouche était suturée par trois rangées de fil grossier cousu dans les lèvres devenues violacées.
-Beau travail mais suffit Pavel ne changeons pas de sujet, tu en sais plus que moi et tu me caches la vérité. Car maintenant cet homme monte les escaliers de cette tour. Sans armure, il se défend contre mes loyaux sujets avec son seul porte oriflamme. Dans quelques minutes il va se tenir là devant nous sur le seuil de mon antre, de mon royaume. Comment cela est-il possible Pavel ?
-Je ne sais pas, Maître.
Chapitre 3:
La douleur lance ces bras cruels vers le haut de mon visage, je peux tout juste garder mes yeux ouverts. Dans des cauchemars teintés de murmures et hurlements, je sens ma raison vaciller, je la laisse marcher sur un fil fragile, elle oscille entre folie et réalité. Mais les souffrances infligées à mes lèvres me font revenir par instant dans cet endroit de ténèbres.
Je suis allongé sur le ventre au pied de ce monstre soi disant roi. Son corps adipeux s’étend sans grâce sur un canapé défoncé recouvert de ses poils noirs et sales. Le seigneur démon regarde ma bouche en souriant et me laisse là à ses pieds. Il parle avec un autre démon. Je ressens une certaine fébrilité dans la façon de communiquer entre eux. Le roi et son vassal font apparaître des images au bout de leurs griffes. Un homme jeune et grand presque nu apparaît de plus en plus souvent dans leurs dialogues illustrés.
Malheureusement mon esprit plonge à nouveau vers le gouffre des mes tourments. Je tombe lentement le long de ces parois abruptes tapissées de bouches aux lèvres violacées, je glisse vers ce fond d’où je sais ne jamais revenir. Je m’enfonce dans un bref soupir de soulagement dans cette mer d’oubli. Lorsqu’une silhouette grise, me prends dans ces bras luminescents, pour me ramener à l’orée de mon esprit.
Je me retrouve une fois de plus allongé sur les dalles froides de ce lieu maudit.
Debout sur le seuil de la pièce se tient un homme entouré d’un halo de lumière, ses pieds et jambes sont nus, seul une tunique blanche recouvre le haut de son corps.
Son visage est caché derrière une oriflamme en mouvement. Je sursaute, le tissu de ce drapeau vierge de dessin vient de claquer comme pour souligner le début d’un évènement.
Effectivement le deuxième claquement me surprend de nouveau soulignant la traversée instantanée de la salle par notre nouvel arrivant. Le troisième claquement donne sa conclusion quand celui-ci, les deux jambes autour du corps énorme de mon hôte, enfonce la hampe en métal blanc dans sa poitrine velue. Le roi démon lance ses bras en de larges moulinets pour tenter d’arracher l’arme de son cœur car déjà un liquide épais et noir s’échappe de son corps pour remonter le long du tube pour être absorbé par les mains de son agresseur.
Je sens les forces obscures de la salle, converger vers nous dans un tonnerre de murmures courroucés.
Je ferme les yeux, sur du châtiment qui vont nous infliger quand se lève dans une voix caverneuse un étonnant discours:
-Moi, Lanas chevalier de la Confrérie des Justes dit le Paladin Gris.
-Rejeté par les miens, bafoué par les forces des ténèbres.
-Je brise l’équilibre entre bien et mal.
-En recevant ce présent maudit, je renie mon serment et mes croyances.
-Je deviens le seul représentant du premier cercle sur terre.
-Toi démon Sh’fhert je te renvoie à tes maîtres, moi Sh’anas le paladin noir je prends ta place.
- Pavel et tous les habitants de cette ville vous êtes libérés du pacte vous liant à votre ancien maître pour venir grossir les rangs de mon armée.
-Et toi fillette retrouve ta bouche d’antan car pour ma future reine point de souffrance.
Surprise de ne plus ressentir de douleur, j’ouvre les yeux pour voir un étonnant spectacle. Sur l’ancien emplacement de la couche du roi démon son disposé deux trônes fait en acajou. Un chevalier en armure noire penché vers moi semble me regarder car je ne puis voir ses yeux, sa tête est recouverte d’un heaume sans fente. Derrière lui en un large demi-cercle son agenouillé dans un salut silencieux de nombreux chevaliers portant la même armure. Au-dessus d’eux un drapeau flotte légèrement dans l’air de la pièce où parfaitement esquissé en son centre un heaume change de couleurs à chaque claquement sec du sombre tissu.
De nouveau la voix sourde et puissante s’élève parmi nous pour s’adresser à moi:
-Ma dame veuillez vous asseoir à mes côtés.
-Installons-nous confortablement pour recevoir les hommages de nos gens.
-N’ayez crainte ma garde est là pour nous protéger.
-Prenez place et prenez mes mains car je les entends venir.
Sur le fauteuil de bois prés de lui, mes mains dans les siennes, attendant ma nouvelle vie, je sens pousser sous les chairs de ma tête et tout au long de mon visage des plaques dures et froides commencent à transpercer ma peau.
Pendant que tout au long de mon corps l’acier prend position et avant le noir total devant mes yeux.
Je regarde par les meurtrières de ma nouvelle demeure, la fin de ce jour.
Je l'ai écrit pour un appel à texte, mais malheureusement il fut délaissé.
Voici donc pour lui, une nouvelle chance et en espérant que cela vous plaise !
Histoire d'une fin.
Chapitre 1:
Depuis l’aube le paladin attendait aux pieds des murailles pour accomplir son devoir.
Quand les gardes sur le parapet de la cité interdite l’avaient aperçu dans les premiers rayons du soleil, ils avaient déclenché l’alerte mais cela n’avait pas dérangé pour autant les activités matinales de la citadelle.
Le défenseur de la lumière patienterait plus de deux heures avant de pouvoir combattre le premier monstre envoyé par le seigneur démon.
Aucune porte ne s’était ouverte dans la haute paroi de granit, recouverte à certains endroits de runes ancestrales.
Plusieurs combats plus tard, une petite troupe de soudards apparut sur le chemin pour venir à sa rencontre. Ils ne l’épargnèrent pas en quolibets et sarcasmes de toutes sortes à la différence des autres cohortes venues le défier précédemment. Ils insultaient sa mère, raillaient son armure étincelante, des plaisanteries offensantes fusaient sur la croix sculptée sur son plastron de métal blanc.
Non vraiment, il n’était qu’un contre temps fâcheux dans leur journée de rapines et de viols.
Arrivé à quelques mètres de l’homme en armure, le chef « Ragtorr » se détacha du groupe et le désignant de son doigt noir et rabougris, il l’apostropha dans un cri rauque :
-Décampe devant nous soldat de l’ordre, fuis car nous serrons sans aucune pitié pour toi.
-Ton agonie sera pénible et douloureuse. Nous n’aimons pas les gens de ton espèce. Détale donc, inconscient ou pauvre fou.
A ces mots la tête incliner du paladin, le menton reposant sur la collerette du jaseran, se redressa doucement. Quand elle finit sa course, elle montra le visage aux yeux fermés d’un jeune homme dont les traits n’avaient pas encore été abîmés par le poids des ans et de la guerre.
Ragtorr décidément en pleine euphorie verbale ne put s’empêcher de continuer à le ridiculiser:
-Je vois, ta confrérie n’a donc plus de chevalier autre que de jeunes pourc…
Les yeux du paladin s’ouvrirent soudainement, Ragtorr dont le regard rencontra les yeux gris vert fixés sur lui entra dans un mutisme forcé puis au bout de quelques secondes d’un combat intérieur intense, tira sa rapière de son fourreau et chargea dans un hurlement bestial. Les soldats sous ces ordres l’imitèrent sans aucune hésitation.
La vague de fureur et de bruit vint mourir sur l’écu blanc planté à la droite du paladin. Emporté par leur élan et entassé les uns sur les autres, leurs assauts farouches mais incontrôlés n’atteignirent que le bouclier aux arêtes recourbées.
Ragtorr d’abord coincé par ces propres compagnons contre le pavois put se dégager en mettant les genoux à terre dans la flaque de sang noir formée depuis peu par la mort de ces congénères.
Il avait déjà combattu des hommes de cette confrérie, il connaissait leur point faible.
Dans l’armure existait une petite ouverture entre jambes et plastron laissant la place pour enfoncer une épée fine comme la sienne.
Profitant de la cohue au-dessus de lui, il s’avança entre les cranes émergeant du liquide poisseux pour être au plus prés de sa proie. Il entendait toujours ces guerriers au-dessus de lui essayer de reprendre à leur avantage, un combat fort mal engagé.
Ragtorr à quelques centimètres du but leva la tête, pour ajuster son geste si délicat à exécuter.
Les dernières images dont ses iris fendus s’empreignirent avant de mourir fut l’absence totale d’ouverture dans l’armure devant lui et surtout avant d’en ressentir la douleur tout au long de son corps, la lame noire au milieu de son visage finissant sa remonter vers son cerveau.
L’épée s’échappant de la tête de Ragtorr dans un filet de sang noir, alla couper celles des plus proches assaillants du paladin.
Les autres combattants voyant enfin une brèche s’entrouvrir dans la défense du jeune homme, redoublèrent d’effort pour finir rapidement leur besogne.
Malheureusement pour eux l’arme à la couleur de jais nullement rassasié de leurs sangs, repartit avec plus de plaisir et d’avidité vers leurs cous mal protégés.
Son poing levait vers le haut de la muraille en signe de provocation, la tête en arrière pour crier sa haine contre les hordes du cercle, sa furia plaquée le long de sa jambe d’où un fluide noir et poisseux s’écoulait lentement vers des cadavres décapités à ses pieds, le paladin pouvait enfin savourer sa victoire.
Chapitre 2:
-Pavel. Oh ! Pavel, où es-tu infâme vers de terre, n’essaye pas de te cacher dans les recoins de cette salle, je te trouverais et tu le sais.
-Je suis là mon roi vénéré, toujours à votre service pour vous contenter.
-Je me moque de tes belles paroles Pavel, mes horribles sont en train de me raconter ce qui se passe depuis ce matin à la muraille des escaliers morts. Ils m’expliquent les combats se déroulant depuis les plus matinales heures du jour. Ils me racontent la fin de chacun des soldats de mon clan, la disparition de mes champions avec lesquelles j’ai combattu si souvent sur les routes de la victoire.
-Mon prince, je n’ai fait que suivre vos ordres, vous le savez bien ?
-Tu oses me couper la parole, vermine infâme, alors que j’énumère ma tristesse.
Lorsque j’apprends l’exécution à l’instant de mon favori, ma chose, mon frère, l’essence même de mon âme. Comment cette force funeste à put être vaincue par un humain ?
Sais-tu comment cet homme à tuer mon âme sœur, ce géant de trois mètres sans cœur, cette montagne de muscles et de chairs ?
Il l’a terrassé lorsqu’il franchissait la rune de passage. Ce maudit chien en à profiter pour lancer son épée vampire dans le cou de mon fils pour le piéger dans la muraille externe. Et le pis Pavel le connais-tu ?
-Non-Seigneur, je ne suis pas aussi bien informé que vous.
-Sur de lui ce chevalier est venu avec la pointe de son écu se tailler une porte d’entrée dans la chair de ma chair. Il a réussi à s’infiltrer dans l’enceinte de ma ville simplement en passant au travers de mon mignon. Ma cité interdite dite inviolable, voir imprenable. Voilà qu’un simple être humain cours et remonte les rues avec comme seul arme une hampe de drapeau. Il se déplace si rapidement dans celle ci. Si aisément qu’il donne l’impression de la connaître depuis toujours. Pavel comment à t’on put en arriver-la ?
-Tout a été fait selon vos propres désirs mon maître mais si vous voulez pour vous soutenir dans ces moments funestes, j’ai fait venir de vos geôles votre captive, à ces mots Pavel envoya dans un geste brusque vers le large canapé où se tenait son roi, une grande fille rousse en guenille qui s’étala sur le ventre devant la mine perplexe du maître des lieux.
-Encore elle, je ne pensais plus là voir. Pavel tu n’avais pas des ordres la concernent ?
-Oui, tout a été fait selon vos souhaits, relevait lui la tête et appréciait le travail. Le roi démon d’une main faites de griffes attrapa le jeune menton et le souleva sans ménagement, sur le visage hébété de la prisonnière, la bouche était suturée par trois rangées de fil grossier cousu dans les lèvres devenues violacées.
-Beau travail mais suffit Pavel ne changeons pas de sujet, tu en sais plus que moi et tu me caches la vérité. Car maintenant cet homme monte les escaliers de cette tour. Sans armure, il se défend contre mes loyaux sujets avec son seul porte oriflamme. Dans quelques minutes il va se tenir là devant nous sur le seuil de mon antre, de mon royaume. Comment cela est-il possible Pavel ?
-Je ne sais pas, Maître.
Chapitre 3:
La douleur lance ces bras cruels vers le haut de mon visage, je peux tout juste garder mes yeux ouverts. Dans des cauchemars teintés de murmures et hurlements, je sens ma raison vaciller, je la laisse marcher sur un fil fragile, elle oscille entre folie et réalité. Mais les souffrances infligées à mes lèvres me font revenir par instant dans cet endroit de ténèbres.
Je suis allongé sur le ventre au pied de ce monstre soi disant roi. Son corps adipeux s’étend sans grâce sur un canapé défoncé recouvert de ses poils noirs et sales. Le seigneur démon regarde ma bouche en souriant et me laisse là à ses pieds. Il parle avec un autre démon. Je ressens une certaine fébrilité dans la façon de communiquer entre eux. Le roi et son vassal font apparaître des images au bout de leurs griffes. Un homme jeune et grand presque nu apparaît de plus en plus souvent dans leurs dialogues illustrés.
Malheureusement mon esprit plonge à nouveau vers le gouffre des mes tourments. Je tombe lentement le long de ces parois abruptes tapissées de bouches aux lèvres violacées, je glisse vers ce fond d’où je sais ne jamais revenir. Je m’enfonce dans un bref soupir de soulagement dans cette mer d’oubli. Lorsqu’une silhouette grise, me prends dans ces bras luminescents, pour me ramener à l’orée de mon esprit.
Je me retrouve une fois de plus allongé sur les dalles froides de ce lieu maudit.
Debout sur le seuil de la pièce se tient un homme entouré d’un halo de lumière, ses pieds et jambes sont nus, seul une tunique blanche recouvre le haut de son corps.
Son visage est caché derrière une oriflamme en mouvement. Je sursaute, le tissu de ce drapeau vierge de dessin vient de claquer comme pour souligner le début d’un évènement.
Effectivement le deuxième claquement me surprend de nouveau soulignant la traversée instantanée de la salle par notre nouvel arrivant. Le troisième claquement donne sa conclusion quand celui-ci, les deux jambes autour du corps énorme de mon hôte, enfonce la hampe en métal blanc dans sa poitrine velue. Le roi démon lance ses bras en de larges moulinets pour tenter d’arracher l’arme de son cœur car déjà un liquide épais et noir s’échappe de son corps pour remonter le long du tube pour être absorbé par les mains de son agresseur.
Je sens les forces obscures de la salle, converger vers nous dans un tonnerre de murmures courroucés.
Je ferme les yeux, sur du châtiment qui vont nous infliger quand se lève dans une voix caverneuse un étonnant discours:
-Moi, Lanas chevalier de la Confrérie des Justes dit le Paladin Gris.
-Rejeté par les miens, bafoué par les forces des ténèbres.
-Je brise l’équilibre entre bien et mal.
-En recevant ce présent maudit, je renie mon serment et mes croyances.
-Je deviens le seul représentant du premier cercle sur terre.
-Toi démon Sh’fhert je te renvoie à tes maîtres, moi Sh’anas le paladin noir je prends ta place.
- Pavel et tous les habitants de cette ville vous êtes libérés du pacte vous liant à votre ancien maître pour venir grossir les rangs de mon armée.
-Et toi fillette retrouve ta bouche d’antan car pour ma future reine point de souffrance.
Surprise de ne plus ressentir de douleur, j’ouvre les yeux pour voir un étonnant spectacle. Sur l’ancien emplacement de la couche du roi démon son disposé deux trônes fait en acajou. Un chevalier en armure noire penché vers moi semble me regarder car je ne puis voir ses yeux, sa tête est recouverte d’un heaume sans fente. Derrière lui en un large demi-cercle son agenouillé dans un salut silencieux de nombreux chevaliers portant la même armure. Au-dessus d’eux un drapeau flotte légèrement dans l’air de la pièce où parfaitement esquissé en son centre un heaume change de couleurs à chaque claquement sec du sombre tissu.
De nouveau la voix sourde et puissante s’élève parmi nous pour s’adresser à moi:
-Ma dame veuillez vous asseoir à mes côtés.
-Installons-nous confortablement pour recevoir les hommages de nos gens.
-N’ayez crainte ma garde est là pour nous protéger.
-Prenez place et prenez mes mains car je les entends venir.
Sur le fauteuil de bois prés de lui, mes mains dans les siennes, attendant ma nouvelle vie, je sens pousser sous les chairs de ma tête et tout au long de mon visage des plaques dures et froides commencent à transpercer ma peau.
Pendant que tout au long de mon corps l’acier prend position et avant le noir total devant mes yeux.
Je regarde par les meurtrières de ma nouvelle demeure, la fin de ce jour.
Vendredi 29 mai 2009
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Publié dans : Mille visages.
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