"Mâaame Scarlett, ça 'ecommence, tout a enco' dis'pa'u !"
La jeune femme s'essuya le front d'un revers de sa main dégoulinant d'eau savonneuse, se releva, cessant un instant de lessiver le sol avec la rude brosse de chiendent .
Elle leva le visage vers la colossale femme noire qui venait d'apparaitre, écumant de rage sur le seuil de la cuisine
"Oh non, Mama, comment est-ce possible, nous avons réparé la clotûre et renforcé le portillon, personne n'a pu pénétrer à notre insu dans le potager...
Il en manque beaucoup ?
- Oh oui, Mâame Scarlett, tous les ignames, les navets et mêmes les pommes de terre toutes petites, ils ont tout pris !
- Laisse-moi, je vais trouver une solution ..."

Elle alla vider son seau d'eau sale puis s'assit pour réfléchir sans s'abandonner au découragement ...
Depuis trois mois, elle s'échinait avec sa Mama et Suellen, sa soeur, à cultiver quelques légumes dans leur potager afin de nourrir les habitants de Tara, et chaque fois que la récolte semblait proche, les légumes disparaissaient,comme par magie, sans qu'aucune trace ne trahisse le voleur ...
La faim était le principal problème auquel Scarlett devait faire face : si elle avait pu sauver deux vaches et ainsi, résoudre le problème de la nourriture des deux jeunes enfants, les adultes arrivaient au bout des maigres provisions qui avaient pu être dissimulées aux soldats des deux armées qui s'affrontaient encore dans ce coin de Géorgie.
En cette soirée de fin octobre, il faisait un froid sec, et le ciel clair annonçait une nuit plus froide encore .
Demain serait la journée où on fête les morts, mais ce n'était pas cette année une occasion de réjouissance et de fête animée pour les enfants.
"Mama, trouve moi quelques couvertures et porte-les dans l'appentis au fond du jardin.
Je vais m'y cacher cette nuit et veiller pour découvrir qui nous vole.
Je prendrai les pistolets de Père, et si je le surprends, je ferai passer à ce brigand l'envie de recommencer !
- Mais, c'est dange'eux, mon p'tit ! Je ne veux pas que vous vous fassiez tuer ! C'est un t'avail d'homme !
- Tu préfères peut-être que nous nous laissions enlever notre nourriture sans réagir ? que nous mourrions tous de faim ? Il ferait beau voir ! Allez, fais ce que je te demande. "

Seule et bien qu'emmitouflée dans trois couvertures, Scarlett sentait le froid la mordre et la rage de s'être fait dépouiller des fruits de son travail acharné était le dernier rempart qui l'empéchait de céder à la peur qui l'envahissait.
Fixant des yeux les trois énormes citrouilles qui étaient les seules rescapées des légumes du jardin, elle s'efforçait de rester lucide et attentive à tous les bruits qui lui parvenaient.
Brusquement, il lui sembla que les légumes bougeaient, elle se redressa et prit en main l'un des pistolets, l'autre étant passé dans sa ceinture de tablier.
Elle vit alors distinctement les citrouilles décoller du sol, puis glisser dans les airs.
Elle décida de les suivre. D'étranges lueurs voletaint devant et autour des citrouilles, mais rien n'expliquait cette mystérieuse lévitation des cucurbitacées ...
Marchant de plus en plus vite derrière cette curieuse procession, elle remarqua qu'elle semblait se diriger vers l'ancien quartier des esclaves, dont il ne demeurait plus qu'une grange.
Les troupes Nordistes avaient, lors de leur premier passage, brûlé les cases, symboles pour eux de l'esclavage, se souciant peu d'avoir ainsi laissé sans abri des familles entières ...
En s'approchant de la grange, curieusement éclairée de lumières diffuses et mouvantes, Scarlett percevait une rumeur évoquant les chants des esclaves mille fois entendus.
Elle se glissa le long de la grange vers la porte ouverte et coula un regard vers l'intérieur.
Surprise!Un formidable buffet était dressé : des plats de jambons, viandes grillées, purées de légumes, beignets, gâteaux étaient disposés sur une immense table qui occupait toute la longueur de la grange.
Autour de ce festin dont la richesse oubliée faisait venir l'eau à la bouche de la jeune femme, des silhouettes éthérées circulaient dans une folle animation.
De temps à autre, on distinguait comme dans le flou du brouillard, un visage,des jambes, une main, un genou, des dos, tous noirs !
Les aliments circulaient parfois commes suspendus dans les airs, mais leurs fumets étaient bien réels lorsqu'il arrivaient aux narines sensibles d'une Scarlett affamée.
Bientôt, elle n'y tint plus :
"Je suis ici chez moi que diable !et j'ai trop faim..."
murmura-t-elle, pour se donner du courage.
Et elle s'approcha de la table d'un pas ferme.
Aussitôt, elle eut la sensation qu'un vol de milliers d'oiseaux fous s'élevait autour d'elle, la frôlant de leurs ailes, s'accrochant à ses cheveux, l'écorchant de leurs griffes et elle se sentit tomber dans un abîme sans fond ...
Lorsqu'elle reprit connaissance, sur la terre battue de la grange, elle se maudit d'avoir laissé ainsi vagabonder son imagination. Puis elle se demanda si elle ne souffrait pas plutôt d'hallucinations provoquées par la faim qui la tenaillait, et pensa que tout s'arrangerait lorsqu'elle aurait pu prendre un bol de lait chaud arrosé d'un peu de whisky.
Elle se releva et épousseta sa jupe et jeta un dernier coup d'oeil à la grange en sortant.
Son regard fut alors attiré par un linge blanc sur un tas de planches.
Elle s'approcha et découvrit sous le linge un plat de beignets à la citrouille, couverts de sucre et encore tout chauds...



Mercredi 8 novembre 2006
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Six heures du matin, le réveil sonne, et moi j'émerge.....
Qu'est ce que je ne donnerais pas pour rester encore un peu au lit...
Par la fenêtre de la cuisine, je vois la ville, encore plongée dans la nuit.
Je bois
mon café brûlant et je beurre mes biscottes.
Je ne vais pas tarder à y aller,
sinon je vais encore me taper les réflexions de la chef.

Si au
moins je peux éviter ça, alors je peux espérer passer une journée pas trop pourrave.
Avant de partir, je jette un dernier coup d'oeil dans la chambre.

Mon
amoureux dort comme un loir.
Je me presse quelques instants contre lui,
je respire l'odeur du sommeil, j'entends ses soupirs...
Puis je
m'arrache à lui, dans un regret....
Au lieu de dire "au revoir", je lui dis
"je t'aime".
J'ai toujours fait ça.
  J'enchaîne l'un après l'autre, les passages quotidiens.
La porte de
l'appart, le couloir, la rue, l'avenue, la bouche de métro, le quai, et enfin la rame de métro, dans laquelle je vais pouvoir comater une demi-heure avant de commencer le boulot.
C'est une rame sans conducteur, yen a
de plus en plus comme ça ces dernières années.
Alors, je m'assois à
l'avant, pour profiter de la vue.
Non pas que la vue ait un quelconque
intérêt, on a l'impression d'être dans un tube digestif géant, sombre, à peine éclairé....
Mais la vitesse...
Quand on n'a pas de voiture, c'est
une sensation rare.
Je connais les courbes et les virages par coeur,
j'anticipe le moment où les passagers seront ballottés d'un côté à l'autre...
Une, deux, trois, quatre stations....
Je les digère les unes après les
autres, toujours les mêmes noms prononcés par la voix artificielle...
De temps à autre, le programme bugue, et indique une tout autre ligne que celle dans laquelle on se trouve, quand ça arrive ça donne lieu à quelques commentaires, une rumeur, une ébauche de conversation entre les passagers...
Tiens.... La lumière semble avoir des faiblesses par
moment.
Toute la rame clignote, par intermittence.
Je continue de regarder
droit devant moi.
Nous allons arriver à la station "Croix mairie".
Juste
après ce virage...
Mais, curieusement, au lieu de continuer sur son chemin habituel, mon
métro s'engage dans un petit tunnel annexe, comme qui dirait "de service"
Et là. Plus de lumière. Dehors, je veux dire.
Plus de coursive éclairée
le long de la voie.
Un problème sur la voie principale peut être.
Mais,
les minutes passent, et toujours pas de station "Croix Mairie" en vue.
Rien. Le métro continue sa route, tout droit, dans ce tunnel de service étroit et plongé dans le noir.
Un type, qui aurait du descendre au prochain arrêt, y a au moins dix
minutes, s'impatiente.
Pour ma part, je reste stoïque, je vais jusqu'au
terminus.
Mais tout de même. C'est bizarre. Derrière moi, la rumeur des
conversations monte progressivement de ton.
On s'interroge, on s'indigne.
On se
dit que cette fois, on ne va pas être à l'heure au boulot.
Et puis tout à coup, un mec beugle.
Vraiment pas content.
Il veut
joindre le service de maintenance, par le bouton prévu à cet effet dans chaque rame, mais celui ci ne fonctionne pas.
Ou du moins, personne ne
répond.
Il tambourine contre le haut-parleur, et puis d'autres lui disent de se calmer, et il s'emporte contre les autres...
Soudain, je réalise ce qui ne va VRAIMENT PAS.
Je demande à tous les
autres de faire le silence, et d'écouter.
Vous n'entendez pas?
Vous ne voyez pas la différence????
On n'entend plus les bruits des rails !!!!!

Tout ce qu'on peut entendre, c'est le bruit du moteur !!!
Là, stupeur générale.
Les murmures reprennent de plus belle, plus
angoissés cette fois. Un type en bleu de travail, vient me rejoindre à l'avant pour tenter de voir où nous sommes ; mais il n'y a rien à voir, la seule lumière visible, c'est celle qui provient de la rame!
Mais
dehors... Elle ne se reflète.... sur rien!
Mon coeur bat à toute allure, je ne suis pas encore vraiment terrorisée, mais j'ai peur, oui.
Quelqu'un dans la foule essaie de tirer le
signal d'alarme, en vain, la poignée lui reste dans la main.
Une fille en
uniforme de caissière fait une crise d'asthme.
Des gens s'occupe d'elle,
la couche par terre, cherchent fébrilement sa ventoline dans son sac.
D'autres, plus angoissés, commencent à tester la solidité des vitres...
Et soudain, tout le monde est projeté vers l'avant!
Moi même je me
retrouve plaquée contre le pare-brise!
Dans une situation normale, on
aurait aussi entendu les freins crisser sur les rails, mais là, il y a juste le vrombissement sourd du moteur qui s'éteint doucement.
Nous voilà
immobilisés, les gens reprennent leur souffle, se redressent, entassés les uns sur les autres.
Les portes s'ouvrent.
Pas un bruit, pas une lumière, ne proviennent de l'extérieur.
Pas plus
que tout à l'heure, en somme.
Pas d'écho.
Aucun moyen de déterminer l'environnement qui nous entoure.
Quelques uns se décident à aller voir dehors.
Leurs pas sur le sol sont
totalement étouffés
Un vigile de supermarché, qui rentrait chez lui, a
encore son équipement avec lui, dont une puissante lampe torche.
Et son
chien. L'animal, curieusement, freine des quatre pattes pour ne pas aller dehors.
Le vigile l'attache à l'intérieur du wagon. Et se lance à
l'assaut des ténèbres.
Les discussions vont bon train à l'entrée du wagon
: faut il ou non sortir?
Aller chercher de l'aide?
Signaler où nous
sommes?
Ou bien faut il rester à l'intérieur?
Là où les agents de contrôle
sont sûrs de nous retrouver?
Enfin, cette rame mène bien quelque
part!!!Les avis sont partagés.
Un petit groupe équipé de briquets et de torches improvisés décide de suivre le vigile, dont on n'aperçoit plus que le faible faisceau de sa lampe torche.
Tout à coup
Une sonnerie.
Celle qui nous parait si quotidienne qu'on
finit par ne plus l'entendre.
Mais ici....
Le métro redémarre!
Les portes
vont se fermer!!
Un type a juste le temps de se glisser entre les
portes, et les autres, essaient, en vain, de les rouvrir!
Ils tapent de
toute leur force contre le métal, mais rien n'y fait..... Le métro redémarre......
Abandonnant dans l'obscurité la plus totale, un tiers des gens
qui se trouvaient dans la rame...
Nous n'entendons déjà plus leurs
cris.
L'environnement néant les a déjà absorbé.

Je suis parcourue d'atroces frissons.
Je me terre dans mon coin, tandis
que dans la rame, les gens pleurent et hurlent de désespoir.
Je n'en
suis même pas sûre qu'il y ait encore des rails, là où nous sommes; c'est même étonnant que les autres aient trouvé un sol où poser le pied.
Je
me demande, si je suis mieux là où je suis, ou bien si je n'aurais pas dû rester là bas, comme les autres....
Les heures passent.
Je commence à avoir faim.
Un type sort de son sac un casse croûte
appétissant.
D'autres l'imitent, mais certains disent qu'ils feraient mieux
d'économiser.
La caissière asthmatique se révèle être aussi
claustrophobe, et nous refait une crise, d'angoisse, cette fois.
On a bien du mal
à la maîtriser; Ses hurlements entraînent quelques autres dans un accès de folie....
Une femme qui devait probablement être de ménage, nous
annonce que la fille est morte.
Stupeur, et le silence s'abat à nouveau sur la rame.
Certains essaient de dormir; mais moi je ne peux pas.
Les heures
passent encore, le manque de toilette se fait ressentir.
Le fond du wagon est
désigné comme dépotoir à merde....
Les heures passent, et toujours
rien, que du néant, autour de nous....
Alors, je me rappelle un récit de Poe.....
Un navire, perdu sur une mer
de nuage dirigé par un équipage plus mort que vivant...
Des marins aux
gestes mécaniques, au regard vide...
Je sais à présent où nous
allons...
Il n'y a qu'une destination 

Avec juste un peu de retard, j'aurais été rendue à la mienne...
Et ce
soir j'aurais revu mon amoureux...
Personne ne nous retrouvera, j'en suis sûre.

Et quand ce métro s'arrêtera pour de bon, au terminus,
je descendrais....
Et l'horizon sera rouge...
Et brûlant....


                                           
                                TEXTE DE:



Mardi 24 octobre 2006
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Tourne, tourne  pour trouver la bonne face en tombant dé 20 mauve; peut être que tout les liseurs et liseuses de cette aventure voudront bien te faire changer vingt fois de faces pour faire revenir "La Compagnie Sans Nom".
Continue à t'activer , s'ils ont un peu d'égard pour les Fantrobes, 20 preuves d'amitiées pour 20 faces seront peu de choses à faire pour eux.
Sinon ils tomberont dans le ventre de leur mère et dans le désespoir.

      Soyez courageux et opiniatre faites une bonne action.
                         
                              0 FACE.
                                
               

Mardi 10 octobre 2006
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Présentation

Visage aléatoire.

Les visages du Rock.

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Un monde de Visages.

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