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"Ne regardez pas en arrière. Quelque chose pourrait vous rattraper "
de Satchel Paige.
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Elle ne pouvait pas.
Elle ne comprenait pas
Elle n'y arrivait jamais.
Par force, elle parvenait parfois à le déposer dans l'appartement.
Sur le canapé en espérant qu'il se mélangerait et disparaitrait avec la couleur noire de celui-ci ou de rage elle le jetait derrière la machine à laver, parfois elle l'oubliait sous son lit en compagnie de la poussière accumulée tout au long de ces mois sans ménage, elle essayait aussi de l'enfermer dans son coffre fait de métal et de bronze.
Pourtant, en sortant de chez elle, il était toujours là bien ancré dans sa main droite.
Elle pouvait sentir sous ses doigts le cuir noir de sa couverture.
Un cuir abimé, entaillé à certains endroits, voir arraché sur la tranche.
Elle pouvait avec les doigts de sa main gauche, effleurer les pages fines et blanches du milieu, chose qui n'était pas faite pour la rassurer.
Elle devait les remplir rapidement pour avoir le droit de rentrer chez elle, la nuit tombée.
Dans l'escalier sale et sans couleur de son immeuble, elle s'assoit, ouvre le livre, son index gauche trouve tout de suite la page où elle pourra déverser son histoire.
Toujours sans qu'elle puisse intervenir, sa main gauche attrape le stylo qui pend du livre, accroché par une ficelle rouge et se met à écrire...
Chapitre 1.
La limousine noire s'élance dans un vrombissement infernal.
La flamme bleue qui s'échappe du pot d'échappement laisse une longue trace noire sur le sol du garage. Les deux grands phares à l'avant projettent sur la route, une lumière bleutée pénétrant tout juste les ténèbres environnantes. La voiture dans un crissement de pneus prend un court virage et augmente rapidement sa vitesse.
— Jimmy, un peu de calme voyons ! Nous avons deux rendez-vous important ce jour et
j'aimerais bien arriver en un seul morceau surtout au deuxième, cria l'imposant passager.
— Ne t'inquiète pas Aaron, ton planning sera respecté et tu pourras effectuer ta mission
sans problème, mais laisse-moi débrider la nouvelle voiture, elle en a
bien besoin, répondit Jimmy attentif à la route qui se découvrait rapidement devant lui.
— D'accord mon ami, je te fais confiance, mais promets moi de ralentir à l'entrée du
labyrinthe, nous ne pourrons pas nous permettre de louper notre point de rendez-vous, surtout que nos amis ne sont pas des modèles de patience dit l'homme en se détendant sur la grande banquette
arrière.
Jimmy émet un petit gloussement de connivence.
De son pied droit il augmente légèrement la pression sur l'accélérateur, ses deux mains sont posées sur le
large volant de la limousine.
La lumière diffuse du tableau de bord fait apparaitre certaine partie de son visage, dont un nez bien dessiné
établit le trait d'union entre une lèvre supérieure pulpeuse légèrement retroussé avec un large front sans cheveux.
Il ressent la toute puissance du moteur avec son pied gauche restée à côté de la pédale de frein.
Il ne s'en servirait que pour stopper la voiture au moment voulu. Il ne freinait jamais. Cela lui avait coûté
cher autrefois, mais avec l'expérience, il avait appris à maitriser ces puissantes mécaniques.
Un léger ronflement rempli son poste de pilotage. Une fois de plus, il est seul maitre à bord. Cela ne
durerait pas longtemps, mais il en apprécierait chaque minute.
La fenêtre de communication était restée entrouverte, même sans rétroviseur interne, il savait par habitude
qu' Aaron dormait, bercé par le roulis de la voiture de luxe.
Toutes les lampes, des différents bars, du large plafonnier et du sol plastifié de la longue berline seraient
allumées qu'avec la prochaine arrivée des passagers.
Jimmy concentra de nouveau, toute son attention sur la voie sombre devant lui. Il commençait à aborder les
lacets menant aux pieds du labyrinthe et il ne savait pas comment le nouveau véhicule aller se comporter à pleine vitesse.
Chapitre 2.
— Non, non et non, il est hors de question de te faire des excuses lança Jim à la femme près de
lui.
— Mais…
— Stop ! reprit-il. Nous avons eu cette conversation des centaines de fois, que dis-je, des milliers de fois
et cela ne va pas recommencer maintenant cria Jim.
— Si tu me laissais t’expliquer…
— M’expliquer quoi ? rugit-il. Je les connais tous tes arguments et aucun n’est valable. C’est mon cuir
chevelu qui est couvert de cicatrices et c’est bien toi qui me l’a cassé sur la tête cette bouteille de bière, non ?
Tous deux, finissaient la montée de cette nouvelle pente abrupte, Lyn avait profité d’un relâchement
dans la longue course en tête de Jim pour le rejoindre. Elle s’était accrochée à son bras pour finir les derniers mètres en sa compagnie, pour atteindre le sommet.
Lyn n’aimait pas le contact du cuir de la chemise de Jim sur sa peau.
De toute façon elle haïssait tout de cet homme, ses vêtements noirs, ses cheveux qui retombaient en une large
crinière brune dans son dos, la façon dont il se tenait faisant ressortir le sentiment d’arrogance qu’il éprouvait envers les autres et surtout sont comportement envers elle.
Elle n’était pas fatiguée du long trajet qu’ils venaient d’effectuer, mais plutôt des chutes à
répétitions dont elle était victime.
Elle ne ressentait jamais aucune douleur en se relevant. Non c’était ses vêtements qui partaient un peu plus
en lambeaux à chaque pas. Heureusement Aaron pour le prochain gig leurs donneraient de nouveaux habits.
Le groupe dont faisait partie Lyn, avançait en file indienne sur le chemin longeant les falaises du labyrinthe.
De ces hautes parois, irradiées une lumière laiteuse leurs permettant de progresser difficilement à travers
ce territoire sans fin.
— Allez lâche moi trainée ! cria Jim tout en secouant son bras pour être sur d’être bien compris.
— Parle à Lyn, encore une fois comme cela et c’est mon poing que je vais lâcher sur ton nez espèce de
fumier, lança le nouvel arrivant sur la crête.
— Toi le British ferme là ! Ton boulot c’est d’agiter les doigts dans le labyrinthe, alors oublie moi et ne
me casse pas les couilles ! dit Jim en se retournant furieux vers Lewis.
Lyn faisait office de barrage entre les deux belligérants.
Depuis qu’ils marchaient sur ce chemin les conduisant à travers les sombres contrées cela n’avait été qu’une longue série d’altercations.
Bien sur elle en était toujours la cause, elle sentait bien que Lewis ne la lâchait jamais du
regard.
Elle ne l’avait pas trop apprécié au début, sa gueule d’ange mâtiné de cheveux blonds, ses manières
délicates, un accent anglais légèrement bourgeois, son aspect rondouillard tout cela ne l’avait pas trop attirée voir laissé complètement indifférente. Mais à force de prendre sa défense contre
les attaques verbales de Jim, de l’aider à se relever après chaque nouvelle chute, d’ avoir toujours un sourire quand il la regardait, elle avait fini par l’apprécier.
Et là sur ce petit morceau de terre noire, elle sentait bien que tout cela allait mal finir. La tension était
montée de nouveau entre eux deux.
— Ne me regarde pas ainsi, je continuerais à lui parler comme je veux, je sais de quoi elle est capable ! et
tout en apostrophant Lewis, Jim poussa violemment Lyn sur le coté.
Surprise, celle-ci perdit l'équilibre et sans l'intervention de Lewis qui la rattrapa au vol, elle serait
allée s'aplatir quelques mètres plus bas sur le chemin d'où ils venaient d'arriver.
Lewis aida Lyn à s'asseoir près de lui. Quand il vit que tout allait bien pour elle, il s'élança à la
poursuite de Jim qui en avait profité pour entamer une nouvelle descente sur le chemin vierge devant lui.
Lewis couru plus qu'il marcha sur le sable noir et en quelques foulées rattrapa Jim. Celui-ci se retourna
pour voir Lewis lui sauter dessus. Jim essaya de l'éviter, mais la détermination de Lewis fut plus forte. Ils tombèrent et roulèrent ensemble dans un long cri de haines et d'insultes.
Lyn encore assise les perdit rapidement de vue, elle n'entendait que les deux voix qui se répondaient en
injures et invectives de toutes sortes qui se mélangeaient aux bruits de coups partageaient.
Lyn inquiète perçut une présence près d'elle, lorsqu'elle releva la tête elle vit dans un léger contre-jour
la silhouette du dernier membre du groupe.
Elle l'avait complètement oubliée. Se reprenant elle s'adressa à lui.
— Jimi vas les rejoindre rapidement et...
Sa phrase fut couverte par le bruit d'un extraordinaire freinage dont le son alla se répercuter en un large
écho sur les parois ténébreuses autour deux, tout en étant appuyé par la puissante voix de Jim.
— Putain, il a faillit nous écraser cette enflure !
A suivre...
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