Partager l'article ! Un sortilége bien encombrant.: "Elles sont encore là, mon dieu ! Tant pis je continue de toute façon d'une manière ou d'une autre ...
"Ne regardez pas en arrière. Quelque chose pourrait vous rattraper "
de Satchel Paige.
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"Elles sont encore là, mon dieu ! Tant pis je continue de toute façon d'une manière ou d'une autre elles se trouveront toujours sur ma route, autant en finir "
Frankheur se débrouillait pour rentrer dans ses quartiers à la tomber de la nuit, à part quelques serviteurs affairés aux dernières corvées du soir, il ne rencontrait jamais personne, de sa
condition, dans les différents couloirs le menant à sa chambre.
Il souffrait de manque de relation avec les autres habitants du palais aux Epées mais c'était mieux ainsi, il ne voulait pas devenir le sujet de toutes les conversations dans ces lieux de hautes
quiétudes où le moindre événement même des plus insignifiant pouvait être commenté, raconté, enjolivé ou encore mieux complètement transformé. Non vraiment la solitude était pour lui un moindre
mal.
Mais ce soir-là voyant ces demoiselles à l'affût sous un chandelier mural à quelques mètres de son appartement, il sut.
Il y avait bien eu ces derniers jours des portes s'ouvrir et claquer à son passage, des murmures soufflés dans son dos, des silhouettes se déplaçant au rythme de sa marche.
Ses pas le déposèrent un court instant devant les courtisanes.
— Bsoir Mesdames, dit-il et tenta de repartir d'un pas plus véloce.
— Non ! Il est hors de question de vous laisser partir aussi facilement, venez un peu à la lumière que nous puissions voir votre apparence, à la lumière de ces bougies, dit Dame Chemereuil en le
rattrapant par le bras.
— Pfiit siffla entre ses lèvres Dame Deistal, je ne pensais pas trouver chez un homme se dissimulant à la vue de tous un aussi magnifique visage.
Essayant de se dégager d'un petit mouvement brusque Frankheur ne fit qu'augmenter la pression de Dame Chemereil sur son poignet.
— Je vous tiens et je ne vous lâcherais pas sans voir s'illuminer sur votre doux visage un beau sourire ; cela sera notre récompense pour vous avoir attendu aussi longtemps, dit elle.
— Je regrette, mais votre attente aura été veine, je vous remercie de vos compliments Mesdames, mais je ne pense pas avoir le cœur à vous faire plaisir ce soir, peut être un prochain jourêéééçéç?
dit-il de plus en plus mal à l'aise.
— Soit, n'en parlons plus je vous laisse à votre solitude, souffla Dame Chemereil
— Quoi, tu le laisses partir, mais moi je voulais en savoir plus sur lui, toutes ces heures dans le froid pour rien, je ne te comprendrais jamais lança d'un ton boudeur Dame Deistal à son
amie.
Frankheur libéré profita de ce début de querelle pour se diriger rapidement vers ses appartements.
— Je comprends ta frustration ma chère, mais tu vois le prochain plaisir que me fera monsieur ce ne sera pas avec un simple sourire qu'il me le donnera, dit Dame Chemereuil.
La main sur la poignée Frankheur se retourna et regardant Dame Chemereuil dans les yeux lui offrit dans un ultime don de soi l'un de ces plus beaux sourires jamais accordé à une femme, mais à la
seconde où sa bouche se contracta pour l'esquisser, ââéâFrankheur saisit d'effroi ouvrit sa porte et s'engouffra vivement dans son vestibule laissant ses admiratrices sous le charme de son
geste.
Malheureusement en allant vers son lit, honteux de ce qu'il venait de déclencher, il entendit le vacarme assourdissant produit par la pluie incessante dans le couloir.
Le lendemain quand après avoir débarrassé, enlevé, déblayé, nettoyé et surtout parfumé tous les couloirs de l'immense bâtisse une question obséda la majorité de ses habitants remis de cette
giboulée de poissons de toutes tailles.
Que faisait dans une aile aussi peu fréquentée et à une heure aussi tardive, la femme et la soeur du roi des Epées.
Elles étaient les deux seules victimes des fortes précipitations de la nuit...
(Mille visages)
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